Journée monstre hier pour les bloggers du henrô !
En effet le programme du jour était constitué d’une marche de 5 kilomètres entre le temple Shiromineji (81) et le temple Negoroji (82) . Un parcours pas très long mais sur un sentier accidenté dans la forêt.
Et contrairement au prévisions, la marche et la cuisine japonaise ne m’ont pas empêché de prendre 3 kilos depuis une semaine ce qui complique un peu ma progression en terrain difficile. Le ventre de Bouddha de Maître Banane ralentit le pèlerinage, c’est un fait et déclenche lazzis et quolibets de la part de ses camarades qui n’ont pas encore compris le concept bouddhiste de la compassion, je crois qu’ils sont jaloux de son succès auprès des pèlerins du troisième âge avec sa connaissance quasi parfaite du Hanny Shingyo chanté à l’unisson des henro san. C’est clair qu’un gros gaijin qui sue, souffle et ahane ça fait toujours rire mais aussi ça impose le respect aux vrais pèlerins. Au dernier temple, après une séance photo-souvenir avec le groupe que j’avais accompagné dans leur sutras, j’ai même claqué une bises à leur guide, comme quoi l’effort ça paye.
Super balade dans une forêt aux arbres riquiquis sur un sentier hyper balisé comme toujours par tout un tas de pancartes, stèles indicatrices des distances et des multiples statues bouddhiques
pour arriver, à quelques dizaine de mètres du temple Negoroji, devant l’immense statue d’un ushi oni, un effrayant monstre de la foret beef-style.
Les pèlerins aussi étaient un peu monstrueux haha mais tous très gentils !
L’après midi, après avoir déposé nos bagages et nous êtres restaurés goulûment à l’hôtel QKamura, sans doute le plus beau spot du voyage, en haut d’une montage surplombant la ville de Sakaide et l’immense pont suspendu de Seto qui court entre les îles de la mer du même nom et relie Shikoku à Honshu,
nous sommes allé au Kappa Dojo.
Un kappa c’est une autre type de monstre, genre batracien moche avec des griffes.
Haha oui c’est bien l’emblème de ce dojo zen perdu dans la montagne qui fait partie de la Sotochu Sumuchu, l’école zen Sôtô qui est aussi la plus présente en Europe et donc celle de la Butsu Zen Zone même si nous sommes résolument inter-sangha.
C’est plutôt d’ailleurs un centre d’aide aux ados asociaux qui ont du mal à se structurer et surtout à suivre la règle commune. Ici donc on les reformate avec zazen et chambara, un dérivé de combat au sabre mais en mousse ! Descendus de la voiture, une agréable odeur de campagne a assailli nos narines, genre crottin de cheval, en fait c’était de l’engrais mais ça changeait un peu des infâmes prouts de Steve. Ce centre qui accueille une dizaine d’élèves mauvais garçons est situé sur une ancienne ferme où l’on faisait de la sauce soja. Un enseignement plutôt salé, donc. Un moine ressemblant à Lee Van Cleef en kolomo et rakusu gris nous a accueilli pour une initiation à zazen, chouettos ! Alors j’ai offert au Kappa dojo mon « Histoires de chats zen » . Ensuite nous sommes rentrés dans le dojo ensuivant à la lettre ses indications. Bon c’est assez semblable à ce qu’on fait chez nous dans les terres de l’Ouest sauf que c’est mieux fait, plus martial , plus précis et plus strict. Plus japonais quoi. On est monté s’asseoir sur ses estrades recouvertes de tatami mais avec un futon roulé tout au bout dans une alcôve murale. Je vois le genre pour les sesshin, on y fait zazen, on y mange et on y dort sans quitter le dojo. On a fait entre 20 et 30 minutes de zazen, tournés vers le mur, assis sur des zafus pas très épais. Evidemment, la posture de Maitre Babane, considérée comme le pou de la sangha , était à celle de Dogen ce qu’est Guernica à la Joconde, un truc déstructuré avec des genoux à 15 cm du sol et une asymétrie assumée. Et bien sur j’ai décroisé mouahaha ! J’ai bien peur que, malgré mon dos droit , la réputation de ma posture ne soit pas top au Kappa Dojo, heureusement que je leur ai offert un bouquin LOL ! Par contre le coup de kyosaku a été parfait, un seul coup de bâton d’éveil, mais porté plus bas sur le dos que dans notre pays du vin et des fromages, très sonore et spectaculaire mais en fait très doux , avec juste ce qu’il faut comme décharge d’énergie pour retrouver la concentration.
En sortant j’ai dédicacé au Kappa dojo le livre offert , histoire de rattraper ma posture crappy. Puis on est allé faire du chambara avec la petite bande de voyous et leur moine instructeur. Démos, katas et combats avec des sabres en mousse comme dans un jeu de rôle grandeur nature, puis ils ont invité les français à combattre, pas fou j’ai décliné l’offre mais Steve, qui est un kador de Street Fighter, a fait de beaux score avec son allonge et Thierry les a impressionné avec sa maîtrise du kendo. La France s’en est sortie avec les honneurs et les applaudissements même si à la fin la victoire est revenue à un grand type dont le regard de samourai indiquait une volonté de vaincre sans faille.
Gros fun ce Kappa Dojo avec les monstrueux rebelles. Ensuite on est retourné jouir du coucher soleil invisible dans la brume sur la mer de Seito, un paysage à couper le souffle.
Avec la nuit, depuis le balcon, ou à poil dans le sento, les bains communs, les lumières de la villes, du pont suspendu et des îles à l’horizon faisaient un joli souvenir de plus.
Monstrueusement beau !
Il était temps d'aller au dodo dans nos chambre de style japonais tatamisé pour faire de beaux cauchemards…
ps : Maintenance de blogspot le 20 octobre, karma crappy qui empèche de poster normalement des images ! Maître Banane, ze absolute net noob est obligé de copier des lignes de code html puis de remplacer le code de chaque image ce qui explique que les images en hauteur ont l'air d'être extended mais si vous cliquez dessus vous les verrez au bon format. Aaaaaargl !!! Freaky monstrous tech karma!
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mercredi 20 octobre 2010
mardi 19 octobre 2010
Le Japon, un immense jardin d'enfant?
Comme certains boss de la japan Expo me reprochent de faire des posts interminables, les pôvres y-z-ont trop de boulot pour surfer LOL, je vais essayer faire plus court.
Un de mes amis japonais installé à Paris depuis des lustres me disait un jour que lorsqu'il rentre au japon il a l'impression de retourner dans une immense crèche. Pas celle avec le petit Jesus, l'âne et bœuf mais le kindergarten, le jardin d'enfant.
Voila une réflexion qui m'a paru juste dès le jour ou j'ai atteri au Japon.
Du point de vue de l'œil du graphiste effectivement ce qui saute aux yeux dans leur communication visuelle c'est l'utilisation intensive de petits personnages kawai /mignons à tout bout de champs, sur tous support et pour tous secteurs d'activité, satuaire bouddhique comprise. Je suppose qu'il existe même des fabricants d'armes qui ont comme logo un petit chat mignon ou un missile trop kawai. Cela donne une atmosphère très enfantine et un peu régressive à tout l'espace public, kawaiiii ne, j'adore !
Après quand on vit un peu ici on s'apperçoit que ce côté kindergarten s'exprime de multiples façons, tout est fait pour nous prendre en charge , nous éduquer et nous faire respecter la règle commune.
Par exemple il y quelques jours pour garer la voiture dans une matsuri, petite fête locale, il y avait un policier tous les 5 mètres pour nous indiquer où garer la voiture, les modes d'emploi sont longs comme des romans et on peut multiplier les exemples à l'infini mais j'ai promis de faire court haha.
Un ami français établi à Tokyo depuis 20 ans ne disait pas autre chose dans une conférence sur les spécificités de la cohésion sociale au Japon, pour lui l'éducation depuis le plus jeune âge est la clé de voûte du rapport de soumission à la règle du groupe. Comme français naturellement rebelle et porté à la transgression, c'est assez marrant et reposant de gouter cet art de vivre ensemble.
Et hier, coup de bol, on a eu notre journée "kindergarten" car Mie Ozaki nous a fait participer à la vie des tout petits japonais!
On a donc commencé la journée par la récolte du riz avec des enfants de 3 ans à qui on confie des faucilles, l'hallu !
Le groupe d'enfant à casquette blanche était aligné le long de la rizière tandis qu'un autre groupe à casquette jaunes approchait.
Les parents et éducateurs divers étaient là en nombre avec appareils photo et vidcams.
Sans oublier, puisque nous étions là, nous les étranger faisant le Henrô, un caméraman TV of course !
On nous a donné à nous aussi des gants blancs épais pour faire la récolte du riz. Quand je pense que l'année dernière les bloggers lauréats on eu droit à des 5 étoiles tandis que nous nous marchons sans fin sur les routes et récoltons le riz dans les rizières hahaha PWN3d !
Bon il faudrait développer à quel point le riz est important ici et comment sa culture à façonné le paysage mais surtout les rapports sociaux mais roooah trop long. En tout cas s'il a bien une potion magique japon c'est riz !
Donc on a vu les éducateurs expliquer aux enfants comment on le récolte, on prend la faucille et d'un geste rapide on coupe à la base la botte que l'on pose soigneusement sur le rebord de la rizière.
Ok mais il ne vont quand même pas filer des fauçilles à tout un groupe d'enfants de 3 ans?
Mais siiiii!
Et tout se passe bien pas de doigts coupés je vous l'assure! Du coup je me suis retrouvé avec Thierry (Steve était chassé de zori, sandales, donc il n'a pas voulu patauger dans la gadoue de la rizière, le fourbe) et tous ces petits gnenfants à faire ma première récolte de riz !
J'ai mis un point d'honneur à finir au plus vite ma rangée, encore une expérience typiquement japonaise que je n'aurai pas vécu sans ce blogonzo.
Mais ce n'était pas fini !
Après avoir dit au revoir avec des danses idiotes qui faisaient beaucoup rire les gosses qui nous ont salué interminablement, nous nous sommes engoufrés dans la voiture pour rejoindre une maternelle, non pas catho mais shingon ! Un peu normal, elle se trouve dans le village où vécu la mère de Kobo Daishi, le grand saint Shingon.
On s'est retrouvé au milieu d'une grosse classe de gamins et gamines de 3 ans à regarder une autre spécialité locale : une histoire racontée par une prof mais illustrée en même temps par de grands dessins que l'on fait défiler tout au long du récit. Une forme primitive de japanim', quoi. Un moine Shingon impassible était là en seiza et on nous a dit qu'il avaient tous chanté ensemble l'Hannya Shingyo.
Du coup à la fin de la visite sur la scène c'est moi qui ai fait le maitre ce chœur en reprenant le sutra !
Mais auparavant je me suis retrouvé, comme mes deux comparses, en face d'un petit bonhomme hilare pour une chanson et un jeu où on se touchait les oreilles, le nez, la tête et pour finir des chatouilles communes. Thierry lui s'est fait touché le zguègue par son partenaire, un plan Pedobear ® à l'envers !
Moi très rapidement j'ai été entouré d'enfants fascinés par mon attirail de Maître Banane, en particulier mon petit bidule qui fait le bruit que Super Mario fait quand il attrape une pièce d'or ting ting ting , C'était la ruée dessus et sur ma banane !
En tout bien tout honneur je me la suis fait tripoter comme jamais ! Même dans la rue plus tard une petite fille du même âge s'est échappée de la main de sa maman est venu en courant me la toucher ROTF! Bref c'était le vrai souk à 4 pattes sur le sol de la crèche et ça nous a permis de bien déconner et de rigoler avec cette adorable troupe de bambins.
Après on est monté sur la petite scène, pour l'Hanany Shingyo . Nous avons Steve, Thierry et moi esquissé quelques pas de french-cancan pour terminer à la plus grande joie des enfants mais je ne sais pas ce qu'en pensait le moine LOL!
Un grand moment de fun pour tout le monde, je dois dire !
Bon je vous laisse je dois aller faire popo et prendre mon biberon sinon Mie Ozaki san va encore me gronder…
Mata !
(revenez plus tard, je retoucherai et uploaderai d'autre photos, là j'ai pas le temps !)
Un de mes amis japonais installé à Paris depuis des lustres me disait un jour que lorsqu'il rentre au japon il a l'impression de retourner dans une immense crèche. Pas celle avec le petit Jesus, l'âne et bœuf mais le kindergarten, le jardin d'enfant.
Voila une réflexion qui m'a paru juste dès le jour ou j'ai atteri au Japon.
Du point de vue de l'œil du graphiste effectivement ce qui saute aux yeux dans leur communication visuelle c'est l'utilisation intensive de petits personnages kawai /mignons à tout bout de champs, sur tous support et pour tous secteurs d'activité, satuaire bouddhique comprise. Je suppose qu'il existe même des fabricants d'armes qui ont comme logo un petit chat mignon ou un missile trop kawai. Cela donne une atmosphère très enfantine et un peu régressive à tout l'espace public, kawaiiii ne, j'adore !
Après quand on vit un peu ici on s'apperçoit que ce côté kindergarten s'exprime de multiples façons, tout est fait pour nous prendre en charge , nous éduquer et nous faire respecter la règle commune.
Par exemple il y quelques jours pour garer la voiture dans une matsuri, petite fête locale, il y avait un policier tous les 5 mètres pour nous indiquer où garer la voiture, les modes d'emploi sont longs comme des romans et on peut multiplier les exemples à l'infini mais j'ai promis de faire court haha.
Un ami français établi à Tokyo depuis 20 ans ne disait pas autre chose dans une conférence sur les spécificités de la cohésion sociale au Japon, pour lui l'éducation depuis le plus jeune âge est la clé de voûte du rapport de soumission à la règle du groupe. Comme français naturellement rebelle et porté à la transgression, c'est assez marrant et reposant de gouter cet art de vivre ensemble.
Et hier, coup de bol, on a eu notre journée "kindergarten" car Mie Ozaki nous a fait participer à la vie des tout petits japonais!
On a donc commencé la journée par la récolte du riz avec des enfants de 3 ans à qui on confie des faucilles, l'hallu !
Le groupe d'enfant à casquette blanche était aligné le long de la rizière tandis qu'un autre groupe à casquette jaunes approchait.
Les parents et éducateurs divers étaient là en nombre avec appareils photo et vidcams.
Sans oublier, puisque nous étions là, nous les étranger faisant le Henrô, un caméraman TV of course !
On nous a donné à nous aussi des gants blancs épais pour faire la récolte du riz. Quand je pense que l'année dernière les bloggers lauréats on eu droit à des 5 étoiles tandis que nous nous marchons sans fin sur les routes et récoltons le riz dans les rizières hahaha PWN3d !
Bon il faudrait développer à quel point le riz est important ici et comment sa culture à façonné le paysage mais surtout les rapports sociaux mais roooah trop long. En tout cas s'il a bien une potion magique japon c'est riz !
Donc on a vu les éducateurs expliquer aux enfants comment on le récolte, on prend la faucille et d'un geste rapide on coupe à la base la botte que l'on pose soigneusement sur le rebord de la rizière.
Ok mais il ne vont quand même pas filer des fauçilles à tout un groupe d'enfants de 3 ans?
Mais siiiii!
Et tout se passe bien pas de doigts coupés je vous l'assure! Du coup je me suis retrouvé avec Thierry (Steve était chassé de zori, sandales, donc il n'a pas voulu patauger dans la gadoue de la rizière, le fourbe) et tous ces petits gnenfants à faire ma première récolte de riz !
J'ai mis un point d'honneur à finir au plus vite ma rangée, encore une expérience typiquement japonaise que je n'aurai pas vécu sans ce blogonzo.
Mais ce n'était pas fini !
Après avoir dit au revoir avec des danses idiotes qui faisaient beaucoup rire les gosses qui nous ont salué interminablement, nous nous sommes engoufrés dans la voiture pour rejoindre une maternelle, non pas catho mais shingon ! Un peu normal, elle se trouve dans le village où vécu la mère de Kobo Daishi, le grand saint Shingon.
On s'est retrouvé au milieu d'une grosse classe de gamins et gamines de 3 ans à regarder une autre spécialité locale : une histoire racontée par une prof mais illustrée en même temps par de grands dessins que l'on fait défiler tout au long du récit. Une forme primitive de japanim', quoi. Un moine Shingon impassible était là en seiza et on nous a dit qu'il avaient tous chanté ensemble l'Hannya Shingyo.
Du coup à la fin de la visite sur la scène c'est moi qui ai fait le maitre ce chœur en reprenant le sutra !
Mais auparavant je me suis retrouvé, comme mes deux comparses, en face d'un petit bonhomme hilare pour une chanson et un jeu où on se touchait les oreilles, le nez, la tête et pour finir des chatouilles communes. Thierry lui s'est fait touché le zguègue par son partenaire, un plan Pedobear ® à l'envers !
Moi très rapidement j'ai été entouré d'enfants fascinés par mon attirail de Maître Banane, en particulier mon petit bidule qui fait le bruit que Super Mario fait quand il attrape une pièce d'or ting ting ting , C'était la ruée dessus et sur ma banane !
En tout bien tout honneur je me la suis fait tripoter comme jamais ! Même dans la rue plus tard une petite fille du même âge s'est échappée de la main de sa maman est venu en courant me la toucher ROTF! Bref c'était le vrai souk à 4 pattes sur le sol de la crèche et ça nous a permis de bien déconner et de rigoler avec cette adorable troupe de bambins.
Après on est monté sur la petite scène, pour l'Hanany Shingyo . Nous avons Steve, Thierry et moi esquissé quelques pas de french-cancan pour terminer à la plus grande joie des enfants mais je ne sais pas ce qu'en pensait le moine LOL!
Un grand moment de fun pour tout le monde, je dois dire !
Bon je vous laisse je dois aller faire popo et prendre mon biberon sinon Mie Ozaki san va encore me gronder…
Mata !
(revenez plus tard, je retoucherai et uploaderai d'autre photos, là j'ai pas le temps !)
dimanche 17 octobre 2010
La Maison du Plaisir Eternel (suite)
Fiesta barbecue over.
La quarantaine de japonais présent sont repartis après moult courbettes, la maison est clean et les bloogers ricanent dans maison isolée au milieu de rizières en essayant de travailler correctement pour Shikoku Muchijin. Avec le bruit des grillons on se croirait en été !
Je suis revenu à la table à BBQ tandis que les 2 jeunes bleurgueurs bossent en haut dans la poilade. Mais eux c'est des cadors du net, pas moi, je dois encore veiller argl !
Je vous rappelle donc que vous avez intéret à aller voir chez eux pour avoir enfin des infos sérieuses et des belles photos :
http://www.fujijardins.com/
http://stevegaudinphotography.posterous.com/
Pour revenir à la Maison du Plaisir Éternel, si vous avez lu le bloggo-report de Thierry je pourrai difficilement faire mieux et sur celui de Steve vous trouverez des photos NB très classes qui rendent parfaitement cette atmoSphère de concentration sur l'instant.
Mais quand même,voici quelques petits trucs à savoir sur le sujet et notre expérience :
La cérémonie du thé au Japon, appelé aussi chanoyu (茶の湯, chanoyu), sadō (茶道, sadō), ou chadō (茶道, chadō) est un rituel traditionnel influencé par le zen dans lequel le thé vert en poudre, ou matcha (抹茶, matcha), est préparé de manière cérémoniale par un praticien expérimenté et est servi à un petit groupe d'invités dans un cadre calme ce qui était notre cas.
Chanoyu (茶の湯, littéralement « eau chaude pour le thé »), se réfère habituellement à la cérémonie à elle seule, alors que sadō ou chadō (茶道, ou « le chemin du thé ») représente l'étude ou la doctrine de la cérémonie du thé. Plus particulièrement, le terme chaji (茶事) se rapporte à la cérémonie du thé complète avec le kaiseki (un repas léger), l’usucha (薄茶, thé léger) et le koicha (濃茶, thé fort), durant approximativement quatre heures. C'est exactement le temps que nous avons passé dans la maison du PlaIsir Éternel.
Du fait qu'un praticien de la cérémonie du thé doit être familier avec la production et les différents types de thés, avec les kimono, la calligraphie, les ikebana, les céramiques, l'encens, et un large ensemble d'autres disciplines et arts traditionnels en plus des pratiques du thé enseignées dans son école, l'étude de la cérémonie du thé prend de nombreuses années et souvent toute une vie. Même pour participer en tant qu'invité dans une cérémonie du thé formelle, une connaissance du sadō est requise, incluant les gestes recommandés, les phrases à dire par les invités, la bonne manière pour boire le thé et la tenue générale à adopter dans la salle où est servi le thé.
Inutile de vous dire que j'ai eu du bol de ne pas être mis à la porte à coup de getta.
La cérémonie du thé fut développée comme une « pratique de la transformation » et commença à évoluer avec sa propre esthétique. C'est le cas, tout spécialement, du wabi. Wabi (侘び, signifie raffinement sobre et calme) est caractérisé par l'humilité, la contrainte, la simplicité, le naturalisme, la profondeur, l'imperfection et l'asymétrie qui met en valeur la simplicité à travers des objets non-ornés, des espaces architecturaux et la célébration de la beauté que le temps et l'attention donne au matériaux.
Sen no Rikyū, sans doute la figure historique la plus connue de la cérémonie du thé, introduit le concept de ichi-go ichi-e, (一期一会, littéralement « une fois, une rencontre »), une croyance selon laquelle chaque rencontre devrait être considérée comme un trésor qui ne pourra jamais se reproduire. Ses enseignements conduisent au développement de nouvelles formes d'architecture et de jardin, d'arts et mène au développement complet du sadō. Les principes qu'il transmit — harmonie (和 wa), respect (敬 kei), pureté (清 sei), et tranquillité (寂 jaku) — sont encore au centre de la cérémonie du thé de nos jours.
L’hôte, homme ou femme, porte habituellement un kimono alors que les invités peuvent porter des kimono ou des vêtements formels sombres.
Nous, on étaient fraîchement déguisés en henrô-san (pèlerins) avec en plus pour moi ma banane traditionnelle.
Nous avons attendu dans un jardin couvert jusqu’au moment où l'hôtesse nous convoqua.
Mais nous avions nos dames patronnesses qui non seulement étaient là pour nous guider dans le rituel mais aussi (on l'a vu plus tard) pour parfaire la formation de notre hotesse. On se purifia rituellement en se lavant les mains et en se rinçant la bouche dans un bassin en pierre.
On se diriga alors vers le « tokonoma », ou alcôve, où l'on admira les parchemins ou les peintures. Puis, on s'est assis dans la position seiza ou en tailleur sur le tatami pour les douillets Gaudins des terres de l'Ouest (je n'inclue pas Thierry dont l'entrainement au kendô permet ce genre de perf'), normalement par ordre de prestige. Là le boss c'était Steve, le fayot, tout ça parce qu'il parle le cha-ponais sans doute !
Les maisons du thé et les salles du thé sont généralement petites. La taille typique du sol est d'environ 4 tatamis et demi. Les matériaux de construction et les décorations sont délibérément simples et rustiques, la lumière est faible sans être de la pénombre.
Un repas léger et simple, appelé « kaiseki » (懐石) ou « chakaiseki » (茶懐石) et néanmoins délicieux et raffiné, nous fut servi.
Suivi par du saké bu dans des coupes plates comme dans les films de samourai, la classe ! Je dois avouer que ce que je préfère dans cette longue cérémonie du thé c'est le saké LOL!
Bon ensuite on retourne alors au "jardin d'attente" couvert jusqu'à ce qu’on soit à nouveau appelés par l'hôtesse.
On mange alors de petites friandises.
Les friandises sont grignotées à l'aide d'un papier spécial appelé kaishi (懐紙); normalement chaque invité apporte le sien, souvent dans un petit portefeuille décoré. Mais bon, j'avais que des emballages de chewing-gum, Banana PWNED.
Chaque ustensile — incluant le bol à thé (chawan), le fouet (chasen) et l'écope à thé (chasaku) — est rituellement nettoyé en présence des invités dans un ordre déterminé et en utilisant des gestes très précis.
Les ustensiles sont placés dans l’ordre exact de rangement en accord avec le rituel qui suivra. Chaque élément déposé sur le tatami est fait avec un étonnant sens de la composition dans l'espace. Moi, c'est simple, ça me monte directement au cerveau et j'ai les yeux qui piquent !
Lorsque le rituel de nettoyage et de préparation des ustensiles est complet, l’hôte place une quantité mesurée de thé vert en poudre dans le bol et ajoute la quantité appropriée d’eau chaude, puis fouette le thé en utilisant des mouvements prédéfinis. Hyper beau !
La conversation est gardée à son minimum. Normalement haha mais bon fallait nous expliquer alors…
On se relaxe et on apprécie l'atmosphère créée par les sons de l'eau et du feu, l’odeur de l’encens et du thé, la beauté et la simplicité de la maison du thé et les décorations saisonnières appropriées. Et aussi la grâce touchante de nos hôtesse en kimono car , même si leur jeunesse s'est enfuie leur grâce reste, sinjinarenai, incroyab'!
Le bol est alors servi aux invités d’honneur (初客, shokyaku, littéralement le « premier invité ») par la jeune hôtesse. Des courbettes avec des positions de mains très précises sont échangées entre l’hôtesse et l’invité d'honneur. L’invité Steve se courbe ensuite devant le second invité, Thierry, et lève son bol dans un geste de respect pour l’hôtesse en disant "osakini". L’invité tourne le bol afin d'éviter de boire sur son avant, en boit une petite gorgée, murmure une phrase prédéfinie, genre WTF, puis prend deux ou trois nouvelles gorgées avant d'essuyer le bord, tourne le bol dans sa position originelle et le passe à l'invité suivant tout en le saluant. Cette procédure est répétée jusqu'à ce que tous les invités aient pris le thé à partir du même bol. Un peu comme la cérémonie du joint chez les tribus hippies.
Le bol est alors redonné à l'hôtesse. Dans certaines cérémonies, chaque invité boit dans un bol individuel, mais l’ordre dans lequel le thé est servi et bu est le même.
C'est le thé fort, koicha, qui a été servi, presque pâteux, vert très sombre, doux et très long en bouche. Après, l’hôtesse prépare un thé léger, ou usucha, qui est servi de la même manière.
Une fois que les invités ont chacun bu le thé, l’hôte nettoie les ustensiles. L’invité d'honneur demande à l’hôte d’autoriser les invités à examiner les ustensiles et chacun leur tour, les invités examinent et admirent chaque objet, incluant l’écope à eau, la boîte à thé, l’écope à thé, le fouet à thé, et, le plus important, le bol à thé.
Les objets sont traités avec une extrême précaution et avec révérence car ils sont fréquemment sans prix, irremplaçables, des antiquités faites à la main, et les invités utilisent souvent un morceau de tissu spécial pour les tenir. Le notre avant quelques centaines d'années, c'était pas le moment de le faire tomber comme dans un dîner de cons, j'ai failli mais non.
L’hôtesse récupère ensuite les ustensiles et les invités quittent la maison du thé.
Puis les deux assitantes/hôtesses/sensei sortent aussi.
Puis enfin l'hôtesse vient nous saluer et la cérémonie prend fin.
On a eu un petit bonus, sur la demande de Thierry, qui pratique avec ferveur le chanoyu au pays du foie gras, nous avons eu accès au saint des saint, la "cuisine" où est préparée la cérémonie.
Quatre heures avaient passé depuis notre arrivée !
On en ressort tout étourdi.
Frappé par la beauté de l'enchainement des gestes et des actions dans la concentration totale, le respect et l'attention à l'autre avec une profonde gentilesse ainsi que la sensation de vivre un moment unique et magique.
Time slip, un vrai voyage dans le temps !
Je fais sanpai, trois prosternations vers la Maison du Plaisir Éternel et ses hôtes!
Puis, en fin d'après-midi, Osaki san nous a emené dasn l'atelier d'un calligraphe, Hirasa san.
70 ans, toutes ses dents et une pèche d'enfer, nous nous sommes retrouvés à nous essayer à la magie du pinceau de l'encre et du papier en compagnie de ce calligraphe atypique de Marugame, qui a aménagé son atelier dans un ancien restaurant à l'architecture en bois bizarroide et qui expose régulièrement en Europe.
Quelqu'un qui s'appuie lui aussi sur une tradition séculaire mais dont la forte personalité le pousse à trangresser quelques règles classiques pour s'exprimer avec force.
Malheureusement je n'avais plus de batterie pour raporter son travail mais croyez moi sur parole, là nous avions affaire à une tout autre approche de la Voie.
Avec le cérémonie du thé, nous avons gouté à la beauté des rituels polis par les générations de pratiquants dans un cadre en apparence rigide mais où la créativité s'exprime dans l'agencement des multiples éléments qui la composent.
Puis, avec la visite chez le calligraphe punk de 70 balais, nous avons apprécié la beauté sauvage d'un artiste à la forte personnalité artistique s'appuyant lui aussi sur un pratique tout aussi codifiée et ritualisée mais tout en s'affranchissant de certaines règles pour créer son propre monde.
Au risque bien sur de foirer mais ça c'est le risque éternel de la création et de l'égo hahaha !
@ + !
La quarantaine de japonais présent sont repartis après moult courbettes, la maison est clean et les bloogers ricanent dans maison isolée au milieu de rizières en essayant de travailler correctement pour Shikoku Muchijin. Avec le bruit des grillons on se croirait en été !
Je suis revenu à la table à BBQ tandis que les 2 jeunes bleurgueurs bossent en haut dans la poilade. Mais eux c'est des cadors du net, pas moi, je dois encore veiller argl !
Je vous rappelle donc que vous avez intéret à aller voir chez eux pour avoir enfin des infos sérieuses et des belles photos :
http://www.fujijardins.com/
http://stevegaudinphotography.posterous.com/
Pour revenir à la Maison du Plaisir Éternel, si vous avez lu le bloggo-report de Thierry je pourrai difficilement faire mieux et sur celui de Steve vous trouverez des photos NB très classes qui rendent parfaitement cette atmoSphère de concentration sur l'instant.
Mais quand même,voici quelques petits trucs à savoir sur le sujet et notre expérience :
La cérémonie du thé au Japon, appelé aussi chanoyu (茶の湯, chanoyu), sadō (茶道, sadō), ou chadō (茶道, chadō) est un rituel traditionnel influencé par le zen dans lequel le thé vert en poudre, ou matcha (抹茶, matcha), est préparé de manière cérémoniale par un praticien expérimenté et est servi à un petit groupe d'invités dans un cadre calme ce qui était notre cas.
Chanoyu (茶の湯, littéralement « eau chaude pour le thé »), se réfère habituellement à la cérémonie à elle seule, alors que sadō ou chadō (茶道, ou « le chemin du thé ») représente l'étude ou la doctrine de la cérémonie du thé. Plus particulièrement, le terme chaji (茶事) se rapporte à la cérémonie du thé complète avec le kaiseki (un repas léger), l’usucha (薄茶, thé léger) et le koicha (濃茶, thé fort), durant approximativement quatre heures. C'est exactement le temps que nous avons passé dans la maison du PlaIsir Éternel.
Du fait qu'un praticien de la cérémonie du thé doit être familier avec la production et les différents types de thés, avec les kimono, la calligraphie, les ikebana, les céramiques, l'encens, et un large ensemble d'autres disciplines et arts traditionnels en plus des pratiques du thé enseignées dans son école, l'étude de la cérémonie du thé prend de nombreuses années et souvent toute une vie. Même pour participer en tant qu'invité dans une cérémonie du thé formelle, une connaissance du sadō est requise, incluant les gestes recommandés, les phrases à dire par les invités, la bonne manière pour boire le thé et la tenue générale à adopter dans la salle où est servi le thé.
Inutile de vous dire que j'ai eu du bol de ne pas être mis à la porte à coup de getta.
La cérémonie du thé fut développée comme une « pratique de la transformation » et commença à évoluer avec sa propre esthétique. C'est le cas, tout spécialement, du wabi. Wabi (侘び, signifie raffinement sobre et calme) est caractérisé par l'humilité, la contrainte, la simplicité, le naturalisme, la profondeur, l'imperfection et l'asymétrie qui met en valeur la simplicité à travers des objets non-ornés, des espaces architecturaux et la célébration de la beauté que le temps et l'attention donne au matériaux.
Sen no Rikyū, sans doute la figure historique la plus connue de la cérémonie du thé, introduit le concept de ichi-go ichi-e, (一期一会, littéralement « une fois, une rencontre »), une croyance selon laquelle chaque rencontre devrait être considérée comme un trésor qui ne pourra jamais se reproduire. Ses enseignements conduisent au développement de nouvelles formes d'architecture et de jardin, d'arts et mène au développement complet du sadō. Les principes qu'il transmit — harmonie (和 wa), respect (敬 kei), pureté (清 sei), et tranquillité (寂 jaku) — sont encore au centre de la cérémonie du thé de nos jours.
L’hôte, homme ou femme, porte habituellement un kimono alors que les invités peuvent porter des kimono ou des vêtements formels sombres.
Nous, on étaient fraîchement déguisés en henrô-san (pèlerins) avec en plus pour moi ma banane traditionnelle.
Nous avons attendu dans un jardin couvert jusqu’au moment où l'hôtesse nous convoqua.
Mais nous avions nos dames patronnesses qui non seulement étaient là pour nous guider dans le rituel mais aussi (on l'a vu plus tard) pour parfaire la formation de notre hotesse. On se purifia rituellement en se lavant les mains et en se rinçant la bouche dans un bassin en pierre.
On se diriga alors vers le « tokonoma », ou alcôve, où l'on admira les parchemins ou les peintures. Puis, on s'est assis dans la position seiza ou en tailleur sur le tatami pour les douillets Gaudins des terres de l'Ouest (je n'inclue pas Thierry dont l'entrainement au kendô permet ce genre de perf'), normalement par ordre de prestige. Là le boss c'était Steve, le fayot, tout ça parce qu'il parle le cha-ponais sans doute !
Les maisons du thé et les salles du thé sont généralement petites. La taille typique du sol est d'environ 4 tatamis et demi. Les matériaux de construction et les décorations sont délibérément simples et rustiques, la lumière est faible sans être de la pénombre.
Un repas léger et simple, appelé « kaiseki » (懐石) ou « chakaiseki » (茶懐石) et néanmoins délicieux et raffiné, nous fut servi.
Suivi par du saké bu dans des coupes plates comme dans les films de samourai, la classe ! Je dois avouer que ce que je préfère dans cette longue cérémonie du thé c'est le saké LOL!
Bon ensuite on retourne alors au "jardin d'attente" couvert jusqu'à ce qu’on soit à nouveau appelés par l'hôtesse.
On mange alors de petites friandises.
Les friandises sont grignotées à l'aide d'un papier spécial appelé kaishi (懐紙); normalement chaque invité apporte le sien, souvent dans un petit portefeuille décoré. Mais bon, j'avais que des emballages de chewing-gum, Banana PWNED.
Chaque ustensile — incluant le bol à thé (chawan), le fouet (chasen) et l'écope à thé (chasaku) — est rituellement nettoyé en présence des invités dans un ordre déterminé et en utilisant des gestes très précis.
Les ustensiles sont placés dans l’ordre exact de rangement en accord avec le rituel qui suivra. Chaque élément déposé sur le tatami est fait avec un étonnant sens de la composition dans l'espace. Moi, c'est simple, ça me monte directement au cerveau et j'ai les yeux qui piquent !
Lorsque le rituel de nettoyage et de préparation des ustensiles est complet, l’hôte place une quantité mesurée de thé vert en poudre dans le bol et ajoute la quantité appropriée d’eau chaude, puis fouette le thé en utilisant des mouvements prédéfinis. Hyper beau !
La conversation est gardée à son minimum. Normalement haha mais bon fallait nous expliquer alors…
On se relaxe et on apprécie l'atmosphère créée par les sons de l'eau et du feu, l’odeur de l’encens et du thé, la beauté et la simplicité de la maison du thé et les décorations saisonnières appropriées. Et aussi la grâce touchante de nos hôtesse en kimono car , même si leur jeunesse s'est enfuie leur grâce reste, sinjinarenai, incroyab'!
Le bol est alors servi aux invités d’honneur (初客, shokyaku, littéralement le « premier invité ») par la jeune hôtesse. Des courbettes avec des positions de mains très précises sont échangées entre l’hôtesse et l’invité d'honneur. L’invité Steve se courbe ensuite devant le second invité, Thierry, et lève son bol dans un geste de respect pour l’hôtesse en disant "osakini". L’invité tourne le bol afin d'éviter de boire sur son avant, en boit une petite gorgée, murmure une phrase prédéfinie, genre WTF, puis prend deux ou trois nouvelles gorgées avant d'essuyer le bord, tourne le bol dans sa position originelle et le passe à l'invité suivant tout en le saluant. Cette procédure est répétée jusqu'à ce que tous les invités aient pris le thé à partir du même bol. Un peu comme la cérémonie du joint chez les tribus hippies.
Le bol est alors redonné à l'hôtesse. Dans certaines cérémonies, chaque invité boit dans un bol individuel, mais l’ordre dans lequel le thé est servi et bu est le même.
C'est le thé fort, koicha, qui a été servi, presque pâteux, vert très sombre, doux et très long en bouche. Après, l’hôtesse prépare un thé léger, ou usucha, qui est servi de la même manière.
Une fois que les invités ont chacun bu le thé, l’hôte nettoie les ustensiles. L’invité d'honneur demande à l’hôte d’autoriser les invités à examiner les ustensiles et chacun leur tour, les invités examinent et admirent chaque objet, incluant l’écope à eau, la boîte à thé, l’écope à thé, le fouet à thé, et, le plus important, le bol à thé.
Les objets sont traités avec une extrême précaution et avec révérence car ils sont fréquemment sans prix, irremplaçables, des antiquités faites à la main, et les invités utilisent souvent un morceau de tissu spécial pour les tenir. Le notre avant quelques centaines d'années, c'était pas le moment de le faire tomber comme dans un dîner de cons, j'ai failli mais non.
L’hôtesse récupère ensuite les ustensiles et les invités quittent la maison du thé.
Puis les deux assitantes/hôtesses/sensei sortent aussi.
Puis enfin l'hôtesse vient nous saluer et la cérémonie prend fin.
On a eu un petit bonus, sur la demande de Thierry, qui pratique avec ferveur le chanoyu au pays du foie gras, nous avons eu accès au saint des saint, la "cuisine" où est préparée la cérémonie.
Quatre heures avaient passé depuis notre arrivée !
On en ressort tout étourdi.
Frappé par la beauté de l'enchainement des gestes et des actions dans la concentration totale, le respect et l'attention à l'autre avec une profonde gentilesse ainsi que la sensation de vivre un moment unique et magique.
Time slip, un vrai voyage dans le temps !
Je fais sanpai, trois prosternations vers la Maison du Plaisir Éternel et ses hôtes!
Puis, en fin d'après-midi, Osaki san nous a emené dasn l'atelier d'un calligraphe, Hirasa san.
70 ans, toutes ses dents et une pèche d'enfer, nous nous sommes retrouvés à nous essayer à la magie du pinceau de l'encre et du papier en compagnie de ce calligraphe atypique de Marugame, qui a aménagé son atelier dans un ancien restaurant à l'architecture en bois bizarroide et qui expose régulièrement en Europe.
Quelqu'un qui s'appuie lui aussi sur une tradition séculaire mais dont la forte personalité le pousse à trangresser quelques règles classiques pour s'exprimer avec force.
Malheureusement je n'avais plus de batterie pour raporter son travail mais croyez moi sur parole, là nous avions affaire à une tout autre approche de la Voie.
Avec le cérémonie du thé, nous avons gouté à la beauté des rituels polis par les générations de pratiquants dans un cadre en apparence rigide mais où la créativité s'exprime dans l'agencement des multiples éléments qui la composent.
Puis, avec la visite chez le calligraphe punk de 70 balais, nous avons apprécié la beauté sauvage d'un artiste à la forte personnalité artistique s'appuyant lui aussi sur un pratique tout aussi codifiée et ritualisée mais tout en s'affranchissant de certaines règles pour créer son propre monde.
Au risque bien sur de foirer mais ça c'est le risque éternel de la création et de l'égo hahaha !
@ + !
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